Du 12 décembre 2025 au 25 mai 2026, le Musée national Adrien Dubouché présente sa nouvelle exposition inédite : « Les Énergies de la terre ».
Naturelle ou transformée, stockée ou en mouvement, spectaculaire ou invisible, l’énergie est partout. Aujourd’hui au cœur des préoccupations, elle est devenue un enjeu politique, économique et environnemental. Indissociable de l’activité artistique en général, elle est présente notamment à toutes les étapes de la création d’une céramique.
Au sein d’un parcours dynamique rythmé par un dialogue entre arts et sciences, l’exposition « Les Énergies de la terre » invite les visiteurs à plonger au cœur même de la notion d’énergie et sur la perception qu’ont pu en avoir hommes, scientifiques et artistes, au fil du temps.
Installée dans les salles d’exposition temporaire du musée, l’exposition « Les Énergies de la terre » bénéficie de nombreux prêts accordés par des institutions prestigieuses et des artistes contemporains. Plus de 300 œuvres sont ainsi exposées, créations en céramique, œuvres d’art graphique ou objets scientifiques, qui dialoguent ensemble grâce une scénographie ingénieuse ponctuée de dispositifs multimédias.
Cette exposition se partage en trois espaces distincts :
Voyage au centre de la terre
Parce qu’elle est liée aux matières naturelles traversées par de multiples échanges énergétiques au sein de la planète, la céramique ouvre des portes sur la richesse du sous-sol.
En manipulant les argiles et les oxydes métalliques et en les transformant par le feu, le céramiste explore la géologie et rejoue dans son four les transformations vertigineuses de la matière.
Loin d’être réductibles à de simples ressources exploitables, les forces de la nature sont intégrées au sein de récits mythologiques où elles sont personnifiées, comme Gê (la Terre-mère en grec ancien), Hadès (dieu grec des morts résidant sous terre) ou Agni (dieu du feu dans la religion védique).
Enfin, les secousses qui agitent la croûte terrestre, qu’il s’agisse d’éruptions volcaniques, de séismes ou de l’ouverture de failles sous l’effet des mouvements des plaques tectoniques offrent un imaginaire très puissant qui nourrit la création céramique d’hier et d’aujourd’hui.
Épopées technologiques
La céramique est au centre d’une évolution technique qui accompagne l’humanité de la maîtrise du feu jusqu’à la fabrication des moteurs de satellites. Cette histoire met en lumière toute la diversité des énergies employées pour créer une œuvre, depuis l’extraction des matières premières au défournement.
La beauté du geste requis par le façonnage, l’ingéniosité du tour ou l’expérimentation de nouveaux modes de cuisson s’incarnent ainsi dans des outils, des œuvres et des procédés. À son tour, la céramique est appréciée pour ses qualités physiques qui la rendent indispensable dans de nombreux domaines tels que l’électricité, le chauffage, les transports ou l’architecture.
Aujourd’hui, la recherche d’économie d’énergie dans la production des céramiques représente un défi relevé par des acteurs aussi différents que Jean Girel, artiste concepteur du four « 3E », ou la société Eco-Tech Ceram (ETC), à l’origine d’un système de de captation, stockage et valorisation de la chaleur.
Objets passeurs d'énergie
Si les cultures humaines s’entourent d’objets et d’œuvres d’art, c’est qu’elles leur prêtent des énergies d’un genre particulier. La céramique est chargée de manière affective, esthétique, spirituelle ou occulte. Elle s’inscrit ainsi dans un théâtre au sein duquel circulent les énergies non quantifiables de l’enthousiasme, de la magie ou de l’émotion.
Dans de nombreuses cultures, des objets en céramiques sont réalisés pour accompagner un défunt dans l’au-delà ou pour communiquer avec des esprits. La charge culturelle qui émane des objets se traduit également par la volonté de les conserver, de les réparer et de les transmettre, comme à travers la technique japonaise du kintsugi qui consiste à magnifier à l’or les fêlures d’une céramique.
En récupérant et en ranimant des objets cassés ou délaissés, en jouant sur la matière, la composition, la couleur ou la lumière les artistes « rechargent » leurs œuvres d’une puissance évocatrice nouvelle et donnent à voir les influences réciproques qui unissent les choses et les humains.
Commissariat scientifique
Jean-Charles Hameau
Conservateur en chef du patrimoine, Directeur du Musée national Adrien Dubouché
Commissariat associé
Florence Disson et Elsa Bachelard, Conservatrices du patrimoine
Coordination
Emma Kuster, Régisseure
Scénographie
Birgitte Fryland, agence SCENO
Catalogue
Silvana Editoriale
Affiche
Atelier ter Bekke & Behage
Contacts
Service de la communication du Musée national Adrien Dubouché
communication@limogesciteceramique.fr
05 55 33 70 71
