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Broyeurs à meules de grès Manufacture Trischler Limoges, XIXe siècle |
Le traitement des matières premières La céramique vient du mot « keramos »
qui signifie argile. Cest, avec le verre et lémail,
une des composantes des « arts du feu », car lintervention
du feu modifie la matière de façon irréversible. La céramique se décompose en quatre
grandes familles : la poterie, la faïence, le grès et la porcelaine. Sa préparation se répartit autour de quatre
grandes étapes. La fabrication de la terre, son façonnage
ou modelage, sa décoration et sa cuisson. Les matières premières constituées
de terres argileuses sont broyées avec de leau. Depuis le
XXe siècle on utilise des broyeurs à galets.
Ces broyeurs ont succédé aux moulins à meules de
grès. Ces machines permettent dobtenir la finesse du grain
souhaitée. La matière obtenue est filtrée puis pressée
dans des filtres presse. La terre subit ensuite une dernière opération
: le désaérage. Il permet déliminer toutes
les bulles dair qui auraient pu rester à lintérieur
de la terre ou de la pâte. Cette opération se faisait autrefois
avec les pieds doù le nom de marche à pâte encore
conservé dans les quelques usines qui fabriquent elles-mêmes
leur pâte. La pâte sort de la machine sous forme de « boudins »,
qui sont ensuite découpés en petites galettes rondes appelées
« camemberts ». La terre est alors prête à
être façonnée.
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| Outils de modeleur. |
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Le façonnage Lartisan peut se servir dun tour ou
il peut aussi utiliser la technique du moulage, soit par pressage, soit
par coulage. Jusquà une époque récente les
moules étaient en plâtre, mais celui-ci est peu à
peu remplacé par des matières synthétiques. Depuis
la deuxième moitié du XIXe siècle on se
sert de la porosité du plâtre pour fabriquer des objets les
plus fins par coulage. La pâte à porcelaine est alors liquéfiée
et versée dans un moule. Par capillarité leau contenue
dans la pâte pénètre dans le plâtre, provoquant
le durcissement progressif des bords. Dès que lon a obtenu
lépaisseur voulue, on rejette le surplus de la pâte
appelée dans ce cas « barbotine ».
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Presse chromolithograpique. |
La décoration La polychromie est obtenue grâce à
des oxydes métalliques ; chaque oxyde donne une ou plusieurs couleurs
après cuisson. Les oxydes de base sont le cobalt qui produit le
bleu, le cuivre qui peut se transformer en vert ou en turquoise, le fer
qui peut donner du jaune ou du rouge, le manganèse qui donne les
bruns ; le rose, ou pourpre, est obtenu par le chlorure
dor. Jusquau XVIIIe siècle, le décor est appliqué au pinceau. Au XIXe siècle, dans un souci
dindustrialisation, on utilise les techniques de limprimerie
à taille douce qui permettent, grâce à une plaque
de cuivre, limpression dun décor monochrome. Ce décor
monochrome est rehaussé à la main avec des couleurs dites enluminures. La chromolithographie remédie à cet
inconvénient par limpression dun décor au moyen
dun nombre de pierres équivalent au nombre de couleurs souhaitées.
Cette technique, très bien maîtrisée à la fin
du siècle, permet lemploi dune palette de dix-huit
couleurs. La décalcomanie moderne recourt à la sérigraphie
qui est basée sur le même principe mais à laide
décrans de soie puis de matières synthétiques. Pour appliquer le décor, on utilise deux
méthodes. La première est appelée décor de grand
feu. La seconde méthode est appelée décor de
petit feu.
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| Maquette de four rond à 8 alandiers, 19e siècle. |
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La cuisson La cuisson dune céramique se singularise
par son irréversibilité absolue. Avant dêtre décorés,
les objets subissent une première cuisson dite de « dégourdi »
(à 900°C), dont le but est de sécher lobjet déjà
façonné, avant dêtre émaillé. La cuisson de la porcelaine dure doit atteindre 1400°C.
Dès le XVIIIe siècle, on élabore des fours
capables datteindre cette température. On met au point à
Sèvres dès 1769 des fours ronds. Initialement ces fours
fonctionnent au bois. A partir des années 1850 on les alimente
au charbon. Dans les années 1960 la cuisson au gaz se généralise. Linstallation des pièces dans le
four est délicate. Afin dempêcher laffaissement
des objets en porcelaine on les place dans des étuis en terre réfractaire
ou « gazettes » qui sont ensuite facilement empilées. La cuisson contemporaine au gaz diminue considérablement
les aléas de déformation, de tâche ou de casse. Le musée propose au visiteur une salle
des techniques présentant les étapes développées
ci-dessus. Des maquettes et des machines illustrent ce propos. |