Un musée entièrement rénové

Un musée entièrement rénové

À l’issue d'un chantier de rénovation sans précédent depuis l’inauguration en 1900 du bâtiment qui l’abrite, le Musée national Adrien Dubouché a rouvert ses portes au public en juin 2012. Pour qui était familier des lieux, cette rénovation s’apparente à une véritable métamorphose : notablement agrandi, l’établissement présente désormais une collection redéployée selon un parcours fluide et cohérent, où la porcelaine de Limoges trouve une place naturelle au sein de l’histoire universelle de la céramique.

Fondé en 1845 par Tiburce Morisot, préfet de la Haute-Vienne, le premier musée de Limoges fut initialement abrité dans les locaux de la préfecture, place du Présidial. Il avait pour mission de constituer une collection à vocation encyclopédique : peintures, sculptures, objets d’art furent alors rassemblés par les membres de la Société Archéologique et Historique du Limousin.
Adrien Dubouché prit la direction de l’établissement en 1865. Afin d’enrichir les collections, il fit des dons importants tout en suscitant de nombreux legs de manufactures de céramique françaises et étrangères. Il s’attacha rapidement à trouver un lieu mieux adapté à la présentation des collections. La ville de Limoges mit à sa disposition un hospice d’aliénés désaffecté situé place du Champ-de-Foire : le bâtiment fut aménagé pour exposer les collections et accueillir l’école d’arts décoratifs, fondée à l’initiative d’Adrien Dubouché.
En 1875, à la mort de son ami Albert Jacquemart, auteur du célèbre ouvrage “Les Merveilles de la céramique”, Adrien Dubouché acquit sa collection de céramiques constituée de 587 pièces et l’offrit à la ville de Limoges. En reconnaissance de ce don généreux, et bien qu’Adrien Dubouché soit encore vivant, le maire de Limoges donna son nom au musée, décision exceptionnelle entérinée par un décret du Conseil d’État.
À la veille du décès d’Adrien Dubouché en 1881, le musée et l’école furent nationalisés et l’État s'engagea à construire de nouveaux bâtiments sur le terrain mis à la disposition par la ville. La direction des deux établissements fut confiée au directeur de l’École nationale des Arts décoratifs de Paris, Auguste Louvrier de Lajolais. L’architecte parisien Pierre-Henri Mayeux fut chargé de la construction de l’école et du musée. Il conçut deux bâtiments mitoyens inaugurés en 1900.
Au milieu des années 1990, l’École nationale des Arts décoratifs de Limoges s’installa sur la campus universitaire, libérant un espace propice à l’agrandissement du musée.

En 2003, le Ministère de la culture et de la communication lança un concours international pour la rénovation du musée, remporté par l’architecte viennois Boris Podrecca : son projet – créer une extension contemporaine inscrite entre deux bâtiments existants – préservait le caractère historique des lieux, tout en dotant le musée d’une entrée différente et d’un espace d’accueil lumineux pour desservir les espaces d’exposition permanente. Imaginée comme une piazza italienne, l’esplanade située devant la nouvelle façade en verre et porcelaine du musée accueille une œuvre de Haguiko et Jean-Pierre Viot – “Une Suite” – réalisée dans le cadre du 1 % artistique. L’aménagement des salles d’exposition permanente a été confiée à l’architecte-scénographe Zette Cazalas. Enfin, l’atelier ter Bekke & Behage a conçu une typographie en porcelaine de Limoges qui rythme l’ensemble du parcours et porte en filigrane la notion de musée de la porcelaine. Le projet proposé par l’atelier ter Bekke & Behage renouvelle ainsi fortement l’image de l’établissement tout en s'inscrivant dans le contexte industriel propre à Limoges. Désormais, la porcelaine n’est plus seulement présente derrière les vitrines, mais également entre chacune d’elles, donnant toute sa cohésion au “nouveau musée céramique” de Limoges. L’utilisation de la porcelaine permet enfin aux visiteurs de prendre conscience du caractère résolument contemporain de cette matière et assure une présence forte et unique dans le musée.
Inauguré le 28 juin 2012 par Madame Aurélie Filippetti, Ministre de la culture et de la communication, le musée a depuis conquis un large public curieux de découvrir une collection de rang international déployée dans des espaces entièrement rénovés.